Une tradition culturelle et religieuse volontiers puritaine, la Bretagne a longtemps traîné une réputation aussi fraîche que son climat en matière de libertinage. Et pourtant, depuis quelques temps, on ne compte plus les couples revenant enthousiaste de leurs escapades dans le Finistère ou le Morbihan. Mieux, il pleut aujourd’hui des sites bretons sur la petite planète de l’Internet coquin alors que des clubs plutôt ambitieux se développent à l’ombre des dolmens. A tel point que d’aucuns n’hésitent plus à parler d’une véritable marée rose. Pour en avoir le cœur net, Connexion a mis le cap sur la région, histoire de voir ce qui les bigoudènes ont vraiment dans la culotte…

Inutile de vous leurrer, même lorsque l’on est un éminent spécialiste de la chose libertine (ok, ok…j’arrête de me jeter des fleurs), on ne peut efficacement explorer les recoins intimes d’une vaste région comme la Bretagne sans quelques solides soutiens sur place. C’est donc trois couples bien connus de notre rédaction qui m’ont servi de guides inspirés au fil de ma petite escapade en pays breton. Je vous rassure, malgré leur enthousiasme légitime et les arguments fort convaincants qui m’étaient présentés (surtout lorsqu’ils étaient féminins), j’ai su garder la distance critique sans laquelle il n’y a pas de journalisme véritable. En gros, je ne m’en suis pas laissé conter. Mais bon, j’arrête là le bavardage vu que c’est justement à moi de vous en conter quelques unes. Tout commence donc dans le département de l’Ile et Vilaine, choisi en premier lieu pour sa proximité et sa facilité d’accès avec Paris. Le couple de jeunes quadras qui m’accueille en gare de Rennes, Thibaud et Francine, n’a manifestement pas pris son rôle de guide à la légère puisqu’à peine les présentations faîtes, ils me sortent la liste de tous les coins chauds du secteur et le planning de sorties pour les deux soirs que je dois passer en leur compagnie. « Je te rassures, on n’a tout de même pas eu trop de mal à les établir », me confie Thibaud. « Même si le département est beaucoup plus fun depuis à peu près cinq ans, les gros pôles libertins se trouvent ailleurs dans la région. Mais bon, les soirs où l’on n’a pas envie de faire trop de kilomètres, on trouve tout de même de quoi s’amuser à proximité ». Parmi les points de chute privilégiés du couple, La Petite Cheminée de Saint Aubin du Pavail, un club « à taille humaine » souligne Francine, mais surtout Le Look à Pipriac. Créé en 2005, ce complexe joue très franchement la carte de la diversité puisqu’au côté des traditionnels bars, piste de danses et coins câlins s’ajoutent un sauna et une piscine promptes à satisfaire rapidement les libertins peu attirés par les préliminaires du dancefloor. Et la recette fonctionne.
Le soir où j’y suis passé avec mon couple de guides (jeudi et vendredi ouverts en mixte), le club était au trois quart plein avec une belle proportion de jeunes bretonnes qui, en sus, avaient eu le bond goût de laisser leur coiffe au vestiaire. Du tout bon ! « Mais comme tu peux le remarquer, ce club se trouve au sud du département », me précise Thibaud. « Ce qui montre bien que l’épicentre de la Bretagne libertine se situe plutôt ailleurs, du côté du Morbihan… ». Le lendemain, je suis à Vannes pour vérifier cette analyse. Loïc, qui m’accueille avec sa jeune compagne Albane est du même avis que mon précédent hôte. « Historiquement, c’est même ici, dans le Morbihan, que tout a commencé avec le Starman », me certifie-t-il du haut de ses 45 printemps. Le Starman, ce n’est pas ce film de John Carpenter qui avait fait rêver les amateurs de SF dans les années 80, mais le premier club à avoir réchauffé les ardeurs bretonnes. « C’était au tout début des années 90, c’est dire si on étaient pas en avance sur les autres régions » se souvient nostalgiquement Loïc. « Mais ça a marché tout de suite. Moi, j’y étais toutes les semaines. C’était vraiment l’esprit libertin à l’état pur, avec des parties de sexe à 15 ou 20 dans la même pièce et pas dispersés dans des coins câlins ». Aujourd’hui, le Starman existe toujours et du haut de Gourin (à la pointe sud du département), même si le temps a fait son oeuvre.
 Question nouveautée soulignons le Body’s, un cabinet d’esthétique haut de gamme dédié à l’épilation intime. Les autres prétendants sont nombreux (en terme de libertinage, le Morbihan affiche la plus forte densité de Bretagne) et se nomment L’Erotikos (à Landévant, pile entre Lorient et Vannes), l’Aventure (à Sene), Le Korosko et le Tropik (tous deux à Lorient et orientés sauna, ouvert respectivement en 99 et 2004, ce qui a fait notablement monter la température de la ville). Enfin, Loïc attire mon attention sur le complexe « Passion secrète », un ensemble assez stupéfiant de chambres d’hôtes libertines à une quinzaine de kilomètres de Vannes. « J’y suis allé avec Albane et deux couples d’amis durant le week-end pascal il y a un an et nous y avons passé un séjour exceptionnel : non seulement le confort y est haut de gamme, mais on peut y réaliser nos fantasmes les plus fous et même les faire immortaliser en vidéo. On a pris un pied d’enfer ». Après deux soirées en club en cinq jours, je serais bien passé y faire une petite sieste crapuleuse pour récupérer. Mais le devoir m’appelant dans les Côtes d’Armor, je me résous à préférer à l’hospitalité d’Anne et Serge (les responsables de complexe Passion Secrète), celle d’un wagon SNCF de deuxième classe qui me conduit illico à Morlaix. Mon abnégation n’est heureusement pas sans récompense puisque si le département ne compte en tout et pour tout que deux clubs, on y trouve Le Bilitis qui depuis sa création en remontre régulièrement aux autres clubs en matière de sens de la fête. Une de mes charmantes consoeurs décrivant volontiers par le détail la soirée décoiffante (et je ne parle pas que de ses cheveux), qu’elle a passé récemment dans ce lieux, je ne m’attarderai pas sur sa description (si vous la voulez, rendez vous à quelques pages d’ici dans le sujet spécialement dédié à ce club).
Je me contenterais pour ma part d’ajouter quelques mots sur le Club 22, un sauna situé à Ploufagran, qui s’il ne boxe pas dans la catégorie du Bilitis, offre tout de même des prestations dignes de ce nom. En tout cas tout à fait méritoires dans leur vocation à faire bouger le département . Mais pour ma part, c’est vers l’ouest qu’il me faut tirer. Direction le Finistère, à la toute pointe de la Bretagne. Gildas et Mael qui m’attendent à Brest n’ont qu’une hâte, m’emmener à l’Athéna. Je les comprends, leur département n’est pas particulièrement riche en clubs (là aussi seulement deux établissements, avec le Double Mixte de Quimper) et en plus, l’Athéna qui a été repris par Virna et Fabien, un jeune couple libertin qui ne ménage pas ses efforts en terme d’aménagements et d’animations (voir l’article dans ce numéro). J’annonce toutefois à mes guides finistériens que je préférerais de loin arpenter quelques coins plus sauvages, histoire de finir mon périple sur une notre champêtre. Par chance, il sont plutôt nombreux dans ce coin de la Bretagne, qu’il s’agisse de l’aire du pont de Buis et le quartier de la Recouvrance à Brest, du Bois de Maner à Land ou de celui de Trégunc dans lequel Mael me gratifiera elle-même d’une petit exhib aux milieu d’un groupe de jeunes Bretons manifestement prêts à prendre autre chose que la mer. En attendant de la voir revenir de son petit intermède coquin, j’ai le temps de réfléchir un peu à cette Bretagne libertine qui m’a fait vadrouiller pendant plus d’une semaine. Alors marée rose ou pas ? Si l’on oublie un instant l’Internet (j’y reviens dans un article à part) pour ne se concentrer que sur le terrain, difficile de prendre l’expression au pied de la lettre puisque c’est justement sur le bord de mer que la densité de clubs est la moins forte. Mais force est de reconnaître qu’en quelques années, des très grosses locomotives ont été mises sur les rails et qu’elles ont tout pour tirer la région vers les sommets. Bref, dans sa globalité, la Bretagne n’est pas encore toutes à fait « chaude comme la Breizh », comme d’aucuns ont pu l’écrire pour faire un beau jeu de mots. Mais elle entretient assidûment quelques foyers festifs, derrière la locomotive qu’est le Bilitis, celui-ci offrant des soirées particulièrement incendiaires. Vous pouvez donc oublier sans soucis vos cirés pour vous y chauffer.

Pudiques sur les plages, bouillants sur les pages (du web) Si, comme nous l’avons vu au cours de notre petit périple, la Bretagne libertine présente sur place un maillage relativement hétérogène (gros spots régionaux mais aussi zones quasi vierges), sur Internet, les choses changent considérablement, laissant apparaître un réseau coquin dense et surtout très vivant. Petit tour des sites à connaître avant de poser ses guêtres en terre bretonne.
D’accord, question climat, la Bretagne n’est pas la Côte d’Azur. Mais tout de même, avec les kilomètres de plages et de coins discrets que recèle son bord de mer, on pourrait s’attendre à tomber sur des rencontres coquines aussi facilement que sur des bigorneaux laissés par la marée. Ce n’est pas vraiment le cas. Et autant dire qu’au-delà du climat et des particularismes locaux, Brest ou Saint Malo ne sont pas le Cap d’Agde. Est-ce à dire alors que les libertins bretons ne se croisent qu’en club ou à la faveur de leur magazine préféré ? Pas seulement. Dans cette région sûrement plus qu’ailleurs, c’est Internet qui, en bonne part, concourt au rapprochement des âmes en quêtes de rencontres mutines, voire de sensations (très) fortes. La preuve ? sexenbretagne.com. Créé par un couple libertin de Lorient, c’est aujourd’hui un des sites de rencontres régionaux les plus importants de France et sûrement le plus attractif en terme de diversité et de mises à jours. Non seulement plus de 2000 couples de la région y sont inscrits (beaucoup de quadras, mais aussi, de plus en plus, des couples qui affichent à peine la vingtaine) mais y trouve aussi un tas d’infos pratiques, comme les soirées gang bang programmées dans les quatre départements, des conseils pour les couples débutants ou les derniers lieux de rencontre en pleine nature. Quelque 4000 internautes s’y connectent chaque jour, un succès qui s’explique en partie selon Léa et Jean-Pierre (le couple qui gère le site), par le légendaire et tenace puritanisme breton : dans cette région très marquée par le catholicisme, on a globalement les mêmes envies libertines qu’ailleurs, mais encore du mal à les afficher. Du coup on se rencontre beaucoup moins sur les plages du bord de mer que sur les pages du web. Sachant cela, on ne s’étonnera donc pas de voir à fleurir à côté du leader régional qu’est sexenbretagne.com, beaucoup d’autres sites bretons de moindre envergure, mais tout de même très actifs. Parmi ceux-ci, Swing-in-Bretagne.com qui joue, en plus, la carte de l’esthétisme avec des photos et des reproductions de sculptures érotiques particulièrement suggestives, et Bretagnelibertine.com propose les même services en matière de rencontres que son illustre aîné, mais avec une amplitude bien moindre (sur les quatre départements, on ne compte que… sept annonces valides) ; l’intérêt du site réside plutôt dans ses nombreuses galeries d’exhib gratuites. Si celles-ci ont mis votre libido en éveil, vous pourrez toujours étancher votre soif de coquines bretonnes sur les sites de Mary et Dav (esprit-lib.com), d’exhibelle (exhibelle.com) ou de Léa (léalacoquine.com). Mais si elles ont le sens de l’exhibition, ces libertines ont aussi celui des affaires, et pour voir les voir ouvrir leurs cuisses, il faudra impérativement que vous ouvriez, vous, votre portefeuille, via le sempiternel allopass. A ce moment là, il sera peut être temps de relire vite fait notre dossier, histoire de voir tout ce que cette belle région peut vous offrir gratuitement.
|